UN TEXTE DE L'ATELIER HIER JEUDI

Publié le par atelier-caractere

DISCRETION & ARDEUR

Mon tout premier poème s’intitulait « Orchidée, O mon orchidée sauvage », je le lisais avec verve, tendresse et tristesse à la fois. J’aurais pu jouer la scène de sa vie. Cette orchidée qui aurait pu être Rose tant ses épines griffaient.

Les blessures de ses épines remontent en surface dans un coin de mon être certains jours. Les jours où elle me manque, ma douce, ma tendre, ma force et ma vie.

Ma mère, qui sans le mot savant, ni sachant vraiment, a su imposer ses silences lourds de tempête. De tous ses blancs qui résonnent. Ce je ne sais quoi, qu’elle appelait « respect », et « différence ». Je les sentais imposés en moi et tout autour. Des siècles d’emprisonnement de la parole. De ces ancêtres femmes et voilées de l’intérieur.

Fortes et affaiblies par leur manque d’usage à ces mots qui jaillissent aujourd’hui.

En autant de femmes qu’il en faut pour créer une puissante vague rose de douceur.

Cette force qui ensevelit des tonnes de douleurs oubliées. De ces femmes qui n’ont pas su vivre incarcérées, vivantes et vibrantes de vérités.

Je n’ai plus de mots assez beaux et aimant à toutes celles qui osent. Celles qui jouissent en chœur, celle qui se donnent vie en douceur, celle qui savent et attendent patiemment leur temps. Car oui c’est maintenant.

Cette ardeur d’être se réveille en chacune et chacun. Oui Messieurs, vous la ressentez, cette féminine intériorité, respectueusement enfouies, qui ne demande qu’à vous donner la permission de ressentir. Allez ressentez maintenant.

Et permettez à celles qui vous entourent d’être pleinement, farouche et douce à la fois.

C’est être femme ça.

Rien que ça.

Ode à celle qui m’a élevé avec si peu de mots. Ces mots même étouffés à m’égorger. J’ai haï ces silences. Et pourtant je les porte encore. Il est long le chemin de la subtile libération. Il est long car on le vit ensemble c’est tout.

Je suis la discrète ne vous détrompez pas.

 Je reste là sans mots face à l’innommable dans nos vies.

Je n’ai pas encore posé ma parole. Car les mots eux ne me font pas défaut.

Le feu intérieur change de couleur lorsque je me rappelle ce que m’a enseigné ma douce orchidée.

Elle a su aimer sans mots dire, aider en restant cachée, dire avec le regard et garder la dignité qu’on lui avait légué.

Cette noblesse d’âme que je lui reconnais. Ardente de vérité.

Nadia Nait Ammou

 

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