QUELQUES TEXTES DES ATELIERS ON LINE

Publié le par atelier-caractere

Quand j’ai décidé de prendre le risque de la tristesse, j’ai vite compris que cela me mènerait à la beauté, et j’ai décidé consciemment de faire de la tristesse une sorte de philosophie.

Avec le temps j’ai compris que l’une ne pourrait survivre sans l’autre, dans la tristesse le risque trouverait toujours un espace pour fabriquer et dessiner ce qui avec le temps formerait cette bibliothèque où se rendre et proposer une trêve. Elle s’appellerait, Le trou où tombe la beauté.

Je n’ai jamais pensé qu’elles préparaient une histoire pour moi.

J’essayais souvent de les réunir, mais je n’arrivais pas à les confronter, ce qui entrainait en moi une sorte d’épuisement.

Ensemble, il n’y avait pas d’équilibre possible, les deux tentaient désespérément de se positionner.
Ma chance serait que, si j’arrivais à dialoguer avec chacune d'elles en supportant ce qu’elles me proposaient, je pourrais essayer de faire un saut.


Le fait est qu’elles se nécessitaient pour briller. Moi je mettais la lumière noire ou blanche selon le jour et les circonstances. C'est de cette façon que je me suis mise à construire ma vie, le défi permanent étant toujours quand quitter l’une pour reprendre l’autre, un travail qui me maintiendrait alerte toute ma vie. Le plus drôle était que sans m’en rendre compte, à cette Bibliothèque, celle du trou où tombe la beauté, je ne pouvais plus m’y rendre seule, «Elle était publique et gratuite», cette surprise, je ne m’y m’attendais pas.

J’ai compris après avoir rencontré de nombreux personnages qui déposaient dans cet énorme trou leurs beautés, qu’ils avaient comme allié la tristesse.
Qu’est alors la tristesse………… le confort que nous procure la beauté pour contempler passivement ce que nous construisons dans un monde rempli de choses qui nous font rêver, ou je me méprends et la tristesse n’est que le risque que nous courons pour atteindre la beauté. Gloria

 

Je me souviens de ce navire. Au loin il y avait cette ville, et je me suis dit, c’est aujourd’hui mon pays.
Mon grand-père n’était pas un orateur prolixe, quelques mots lui suffisaient pour tout nous dire. Il nous laissait à nos silences pour conter son histoire. Souvent il souriait avec malice, ses yeux tout mouillés d’une vie trop remplie.
Grand-mère le supportait à peine, alors il sortait. Il aimait marcher mains dans le dos.
Un jour j’ai marché avec lui. Il me tenait la main. L’amour de se promener s’est-il transmis par l’épiderme ce jour-là ?
Je me souviens de cette église, un dimanche pluvieux, le cercueil devant mes yeux se déplaçait trop lentement. C’est à ce moment qu’il m’a transmis ses yeux trop mouillés. Jean-Eric

 

« Peut-être je fais ma gamine, Ma Mie, peut-être je suis trop fragile,
Mais je sais lire entre les lignes Ma Mie, je connais le langage des rides… »

Je me souviens de toi Ma Mie, mon Alzhei-mère quand je te chantais une berceuse que tu ne comprenais plus. Tu avais perdu la tête disais tu, je vivais surtout que tu avais perdu la mémoire.

Je me surprenais parfois à t’envier et à rêver de pouvoir chantonner et danser sur des airs trop connus qui ne me diraient plus rien.

En devant ma grand-mère Peter Pan, enrubannée dans ton monde imaginaire, je découvrais de moi que je voulais rester enfant, TA petite fille qui aimait les gratouilles avant d’aller dormir.

J’apprenais le pouvoir divin de l’oubli et de la re-création. Ne plus être ce qu’ils ont cru que nous étions car nous avions la force d’être nos propres inventions.

Je découvrais que je pouvais, sans mentir, penser mes autres vies, toutes mes autres vies, des plus réelles aux plus intimes jamais révélées.

Je voyais en toi, Ma Mie, le pouvoir du cerveau même quand il perd pied.

J’ai savouré de toi toutes les fragmentations des temps qui ne s’enchaînent plus, ne se lient plus, mais racontent tellement ce que nous avons été, ce que nous sommes, et ce que nous serons.

Tu m’as faite grand-mère avec toi Ma Mie en apprenant à te faire sourire d’un geste improbable, impensé, insensé…

J’ai cajolé ce que tu câlinais, j’ai embrassé ce que tu soignais. Tu étais mon petit bout que je n’avais plus, tu étais ma canaille de 80 ballets, ma danseuse de berceuses.

En t’aimant à ce point, j’aimais mieux mon enfance. En te donnant toute ma tendresse, j’acceptais d’avoir grandi. En te voyant sourire ainsi, j’endurais mieux ta vieillesse.

« Dis-moi que tu  n’as pas tout effacé, que ton disque dur n’est pas rayé, que ton passé s’est mis en veille… »

Je te le raconterai… j’ai tout mon temps pour TOI, Ma Mie.

C’est toi qui m’as faite biographe.  Isabelle

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